Les tours d’El Chalten.

26 février 2014 at 17 h 20 min

Nous sommes  arrivés au Chili par une frontière pédestre nous repartons par une autre!  Pour aller de Villa O’Higgins (le dernier village de la carretera australe pour ceux qui ne suivent pas !) à El Chalten (en Argentine), il y a qu’une seule solution viable, prendre un bateau hors de prix (42000 pesos soit 60 euros) pour traverser le lac O’Higgins puis marcher une quarantaine de kilomètres jusqu’à la prochaine route.

1 er jour. 22 km, +500, -500.

Après avoir laissé un bras au capitaine du navire, véritable arnaqueur, nous passons le train train habituel de l’immigration, puis on entame les 22 kilomètres de marche forcée, sous un temps tout pourri qui nous rappelle que nous sommes bien à 50 degrés sud. Même les cyclistes doivent descendre de leurs vélos et pousser! Plus tard nous arrivons sur le lago Desierto où se trouve l’immigration Argentine et le campement, le lac grouille de truites saumonées…

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2 eme jour. 25 km, +700, -700.

Toujours pas de route, soit on longe le lago Desierto sur un chemin interminable qui apparemment ne ferait que monter et descendre, soit il faut payer un bateau. On laisse le bateau à d’autres, le capitaine Chilien nous a tout pris. On marche, Il se met à pleuvoir et 25 km sous la pluie c’est long…alors ce n’est pas une journée que l’on a particulièrement appréciée. En fin d’aprés midi, une fois sur la route, on se remet à faire du stop, mouai ce n’est pas le Chili ici, les Argentins sont plus réticents, on est pris tant bien que mal jusqu’à El Chalten, dans la benne d’un pick-up ! Mais la benne, c’est beaucoup mois fun quand une pluie à te glacer les os tombe à l’horizontale! Hors de question de monter la tente, on s’offre un lit, le premier depuis trois semaines.

La plus belle des montagnes?

3 eme jour.  10km, +600.

On enchaine tout de suite la deuxième rando, toujours sous un temps déplorable on se rend au pied du mont Fitz Roy où l’on campe. Contrairement à nos précédentes marches le « parque de los glaciares » grouille de monde.

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4 eme jour. 27 km, +1000, -1300.

Le vent est tombé pendant la nuit, la bête est sortie des nuages…on monte à la Laguna de Los Tres pour voir le lever de soleil sur le massif du Fitz Roy, un enchainement de tours de granite dont la principale culmine à 3404 mètres de hauteur, le tout flanqué de gros glaciers. On en a vu des belles montagnes pendant notre voyage, mais là on atteint des sommets 🙂

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On profite du beau temps pour aller voir le Cerro Torre (3102 m), encore une belle tour de granite, un fantasme de grimpeur d’une verticalité à donner le vertige.  « Longtemps il fut considéré comme la montagne la plus difficile à gravir au monde. En effet, quelques soit l’endroit d’où l’on tente l’ascension, il faut escalader une paroi granitique de 800 mètres de haut qui aboutit à une calotte de glace inconsistante recouvrant la cime ; à cela s’ajoutent, les épouvantables conditions climatiques et la variabilité de la météo qui rendent très difficile de planifier une ascension de plusieurs jours. » Sympa le topo…

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Puis on entame le retour à El Chalten, on se repose un jour avant de repartir pour la troisième rando, à Paso del Viento. Là où a eu lieu l’envol…

 

Une route bien australe.

12 février 2014 at 16 h 23 min

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La carretera Australe a été réalisée par le régime militaire chilien à la fin des années 70, dans le but de désenclaver des villages isolés du sud et surtout, pour le pouvoir, d’éviter d’avoir a passer par les routes argentines pour rejoindre ces secteurs. Un chantier colossal : de 1240 km de long à travers des vallées glaciaires et des fjords, dans des montagnes aux conditions climatiques dures. Toujours en travaux, la route offre maintenant aux voyageurs une traversée formidable vers le bout du monde, encore une fois la cordillère des Andes nous en a mis plein la vue.

Nous quittons Cochamo en direction d’Hornopirén. Sur la carretera les liaisons de bus entre chaque ville se font environ deux fois par semaine, ce qui explique qu’il y ait beaucoup de monde sur le bord des routes tendant le pouce! Notre technique de stop est infaillible, au lieu de rester plantés à la sortie des villages comme les autres, nous marchons en attendant que les voitures passent! Cette technique a fait ces preuves quand nous sommes au milieu de rien marchant avec nos gros sacs, les voitures s’arrêtent facilement. 1h,1h30 de marche maximum contre 4 à 7 h d’attente pour d’autres autos stoppeurs au même endroit!

Hornopirén est un village spécialisé dans l’élevage de saumons (miam), et parce qu’en Patagonie l’eau n’a pas la même couleur qu’ailleurs, on découvre un fjord de couleur turquoise. De là, nous prenons le ferry qui permet de rejoindre Chaiten. Sur le ferry les panoramas sont magnifiques, il y a pas mal de vie animale, des grands oiseaux, des phoques et des dauphins.

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Une fois débarqués du bateau, nous sommes à 58 km de Chaiten et il n’y a pas toujours pas de bus!Nous sommes donc une quinzaine de personnes à pied et le peu de voitures présentent avec nous sur le ferry sont pleines, alors on marche. Grâce à notre super technique, 5 km plus loin nous rencontrons des ouvriers de la carretera qui rentrent au village, on est pris.

Chaiten est devenue brutalement célèbre en mai 2008, lorsque le volcan du même nom considéré comme éteint c’est réveillé, engendrant une des éruptions les plus puissantes de ces 20 dernières années…et cela à seulement 8 kilomètres de la ville! La vie des habitants a changé du tout au tout. Tout d’abord, ils se sont réveillés avec un nuage de cendres de 22 km de haut au-dessus de leurs têtes. Ils ont été évacués d’urgence, les habitations elles, ont subi les chutes de cendres puis des coulées de boue dévastatrices. (images de 2008)

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En 2010 les habitants sont revenus, bien que toujours en cours l’éruption est entrée dans une phase relativement stable et la reconstruction à débuter, pour le meilleur ou pour le pire. C’est donc dans ce village à l’atmosphère étrange mais tout de même accueillante que nous restons 2 jours, de notre coté on s’attelle à un chantier bien moins difficile : la réparation de notre matériel, des chaussures au sac à  dos en passant par la tente, tout a besoins d’être recousu ou collé en prévision du temps bien austral que l’on peut rencontrer plus au sud.

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En quittant de Chaiten on touche le jackpot! Nous demandons à une famille qui voyage avec une voiture et un camion chargé de 10 tonnes de patates, s’ils vont vers le sud. Ils nous répondent qu’ils vont à Coyhaique à 450 km! Forcement le vieux camion Mercedes n’est pas très véloce mais là-haut, on a le droit, a une vue panoramique! Estéban s’arrête régulièrement pour faire monter des gens, on se retrouve à 9 allongés sur le chargement. Le soir on campe tous ensemble au bord de la rivière et le lendemain on repart pour une journée de camion.

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Coyhaique, c’est la seule ville digne de ce nom sur la route australe, rien de bien intéressant mis à part des truites et la présence d’un supermarché qui ravira le visiteur las de contempler les ennuyantes étales des petites épiceries chiliennes.

On continue plein sud!  On annule un trek de 4 jours près du Cerro Castillo car le temps est devenu pourri. Le froid et le vent s’installent pour de bon, c’est le tarif en Patagonie! On a même droit à de la neige, c’est pour dire…les paysages changent la glace devient omniprésente, on s’approche irrémédiablement du bout du monde.

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3 jours plus tard, au grè des voitures et des rencontres nous nous retrouvons à Caleta Tortel, village de pêcheurs où les habitations sont toutes reliées par des passerelles en bois.

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Villa O’Higgins, 500 habitants vivent ici dans une ambiance bien australe. Ici s’arrête la carretera australe mais nous on continue plus au sud!

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La traversée des Andes.

4 février 2014 at 0 h 01 min

 

5 jours, 80 Kilometres, D+ 1500 m, D-  2000 m.

On a donc réussi à décrocher quelques informations sur cette traversée. Elle durerait cinq ou six jours, du paso Léon en Argentine jusqu’à Cochamo sur les rives du Pacifique au Chili. Quelques mots reviennent sans cesse: boue, forêt, humidité et isolement! Bon ça a l’air chouette! On retrouve Anthony à Bariloche pour s’organiser et surtout acheter une semaine de provision.
Un détail qui a son importance : c’est un aller simple. Cette fois ci, il n’est pas question de laisser les affaires inutiles à la marche, on portera tout. Le lendemain, on part donc, menhir sur le dos, jusqu’à une intersection sur la route 40. On parcourt tant bien que mal les 43 km en stop jusqu’à la frontière. Le douanier nous indique un chemin pour descendre près du rio Manso, une rivière couleur menthe. On plante la tente et on se met à pécher. Notre canne attrape sa première truite!

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1er jour : passage de douane.
On part faire nos tampons de sortie à la douane Argentine, on marche un kilomètre on traverse le rio Manso puis on tamponne du coté Chilien. C’est peut être la douane la plus tranquille du monde, une petite maison au milieu d’un champ ou broutent des chevaux…à l’intérieur un agent souriant visiblement heureux d’avoir quelque chose à faire et des gens avec qui discuter! On continue sur une dizaine de kilomètre, le chemin est pas évident à négocier avec nos menhirs mais on s’en sort. On trouve un petit coin d’herbes pour poser nos tentes.

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2eme jour : poisson à profusion.

Il pleut de six heures à midi. Les chemins sont détrempés. Alors on décide de ne pas marcher aujourd’hui, on se cale sur une petite pointe rocheuse non loin du campement, il n’y a que nous, les condors et les poissons. Et notre canne pêche a été une vrai pourfendeuse de truite!

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3eme jour : promenons nous dans les bois.

On quitte avec un petit pincement au cœur le nourricier rio Manso et on monte jusqu’au lac Vidal Gomez. On croise de temps en temps des petites habitations en bois. On longe le lac sur toute sa longueur. Pour l’instant ca va, le chemin est humide mais ça reste raisonnable, ça ne va pas durer. On campe au bord du lac, sur le terrain d’un couple d’une cinquantaine d’années. Ils vivent à 50 km de la première route alors on peut vous dire que ici  ils ne sont pas emmerdés.

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4 eme jour: danse avec la boue.

Dur, dur, une succession de montées et de descentes dans des tranchées boueuses de plusieurs mètres de profondeur, dans les tréfonds de la forêt humide notre progression est lente, il faut enjamber des troncs, traverser des rivières à gué et essayer de ne pas se vautrer! On campe à el Arco, une armée de taons nous attendent sur place, le combat fait rage jusqu’au coucher du soleil. Dommage pour eux, nous sommes devenus experts pour les éclater!

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5eme jours : la vallée des merveilles.

On descend la vallée de Cochamo, ici il y a des sommets de granite qui feraient penser à un petit Yosemite! C’est juste magnifique ! il y a aussi un tobogan en granite qui serait un endroit parfait si l’eau n’était pas si glacée. On n’est plus très loin de la route alors du coup on commence à croiser pas mal de monde. On aimait bien notre isolement alors on passe le camping de la Junta et on s’arrête dans une clairière à 1heure de là.

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6 eme jours : viande!

On marche encore quelques heures, puis on arrive à Cochamo, un petit village sur les bords d’un fjord.

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