Huayna Potosi.

18 avril 2008 at 21 h 36 min

De retour a La Paz nous avons pu observer que le temps n’était pas au mieux sur la cordillère. Mais nous ne pouvions plus repousser l’ascension faute de temps ( il nous reste le Pérou à traverser et le retour approche). Nous sommes donc retournés au refuge tenu par Yolanda à 4800m pour se réacclimater. Comme entrainement nous avons grimpés à 5200m sur un pic situé en face du Huayna Potosi. La haut, il y a une vue sur plusieurs lacs glaciaires et surtout sur la face que nous devons escalader le lendemain. Nous pouvons donc observer les passages difficiles, le petit mur a 5700 et surtout le mur final pour accéder au sommet, plus de 100 mètres de dénivelé a 70 pour cent d’inclinaison…après une autre nuit au refuge, Lucio notre guide nous rejoint et nous partons au refuge (5130 m) en longeant le glacier.

Il nous est impossible de trouver le sommeille à cause de l’altitude et de l’excitation. Lucio vient nous réveiller à 1h du matin. A peine le temps de boire un maté de coca et d’enfiler l’équipement que nous voila parties. Nous sommes une douzaine en tous à partir à l’assaut du sommet ce jour la. Parties les derniers, Lucio à l’air d’avoir envie que l’on arrive les premiers. Entre le départ et le premier mur à 5700 m nous rattrapons donc trois cordées sur un rythme soutenu que nous suivons sans trop de difficultés. Là, les choses se corse, il faut escalader la paroi sur 50m et passer la crevasse, ce qui emplie notre guide de joie…

Après le mur nous passons sur un autre versant celui ci battu par les vents. Le froid glacial se fait alors sentir, il fait -10 et le thermomètre descend très vite. La respiration devient compliquée et le nombre de pose augmente, maintenant nous nous arrêtons toutes les deux minutes pour essayer de reprendre notre souffle. Le froid empire et il se met à neigé, la fatigue augmente , chaque pas devient de plus en plus dur et le manque d’air commence à avoir des conséquences sur l’état d’esprit, à ce moment la, on se dit juste que l’on a « payer pour en chier » et on attends de pied ferme le soleil pour avoir moins froid.

Il est 5h du matin quand nous arrivons au pied de la dernière difficulté. Les premières lueur de l’aube apparaissent entre deux nuages mais il ne fait pas plus chaud. Les rafales de vent sont parfois violentes et le thermomètre indique -15. Notre guide nous demande si nous voulons aller au sommet, la réponse est évidente…C’est la parties la plus difficile, quasi à la vertical. Une pause de 30 secondes est nécessaire tous les trois ou quatre pas et la crampe pointe le bout de son nez. Cela devient interminable, encore plus quand le soleil apparait et nous montre tous se qu’il nous reste à monter.

Plus que 5 mètres, 4, 3, 2, puis 1… 6088 mètres nous y sommes je me jette sur le plat, rincer, heureux et la tête un peut confuse. Le temps de reprendre nos esprit et de prendre quelques photo ( et de se congeler la main par la même occasion) nous entamons la descente car il fait trop froid pour s’éterniser. Une victoire pour les Bretons Perdus!!!

Nous ne redescendons pas par la paroi mais par une crête étroite, le guide doit être derrière pour assurer en cas de chute. C’est donc à moi d’ouvrir la voie dans la poudreuse. Je trébuche mais je suis bien accroché à mon piolet, vue la pente, si un de la cordée glisse tous le monde par en bas!! Nous ne faisons pas les fières…Lucio nous organise un rappel pour descendre chose que d’autre guide ne font pas. Nous sommes alors bien content d’être avec lui. La suite de la descente se fait sans souci (bien que éprouvantes tout de même) et dans un décor somptueux.

De retour au refuge et après une cerveza bien meritée nous rentrons à La Paz. Merci Lucio, on le retrouvera surement lors d’une prochaine assencion, celle de l’Illimani (6440m) pour le prochain voyage….