La Cordillera Huayhuash.

16 août 2013 at 22 h 34 min

………………………………………………………………….

……………………………………………………………………

10 jours, 112 km, D+: 5500, D-: 5800 m.

Située au sud de Huaraz, la cordillère Huayhuash est une chaîne montagneuse de 30 km de long, hérissée de pics allant jusqu’à 6617 m, il faut 10 jours pour en faire le tour. Plus sauvage que la Cordillera Blanca, il n’y a pas de possibilité de se ravitailler avant le 7 eme jour. Nous partons donc avec des sacs considérablement alourdis. Avec une altitude moyenne de 4200 m et 8 cols à plus de 4700 m, c’est un trek que l’on peut considérer comme difficile. Sinon ici  on ne croise quasiment personne, peu de touristes, peu de villageois, on marche complètement seul la plupart du temps. La Cordillère Huayhuash, c’est une ode aux grands espaces, au froid et à la tectonique des plaques.

Accès : de Huaraz prendre un bus pour Chiquian (5 h du matin ou 14 h). A Chiquian possibilité de dormir et de prendre un autre bus pour Popca à 8h.

Il y a une chose à savoir : ici contrairement aux autres parcs nationaux péruviens, la zone est gérée  par les communautés qui vivent autour de la cordillère. Chacune demande un droit de passage qui depuis quelques années monte en flèche. Il faut compter 200 soles par personne pour le tour entier (soit 60 euros). En contrepartie les éleveurs aménagent des zones de bivouacs propres et avec toilettes. Mais pour certains camps, la note grimpe quand même à 15 euros pour mettre sa propre tente !

………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………….

Jour 1 : Chargés comme des mules.

On descend du bus à Popca, cette  première journée est sans grand intérêt car on remonte la piste utilisée par les véhicules de la mine toute proche. Etant donné les 7 jours de bouffe que l’on se trimballe, on a tendance à geindre pas mal! Le site du premier bivouac a un petit air des Pyrénées.

………………………………………………………………….

………………………………………………………………….

……………………………………………………………….

Jour 2 : Col pas cool.

Nous attaquons le col de Cacanan Punta (4690 m), le temps n’est pas terrible. Malgré le poids de nos sacs, on s’en sort plutôt pas mal dans cette première  vraie montée, de l’autre côté du col, de vastes paysages qui avec le temps gris pourraient faire penser aux Highlands. Une fois installés au deuxième bivouac, sur une vaste plaine au pied du Nevado Jirichanca (6094 m), on apprend que Catalino, un des guides, a eu quelques mésaventures dans la journée, en effet il a perdu une de ces mules et en prenant le temps de lui courir après c’est sa cliente qui s’est trompée de chemin et s’est perdue ! L’histoire finit bien tout le monde est au chaud (façon de parler) dans sa tente le soir venu.

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………..

Jour 3 : Farewell to Irlande.

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………..

Petite journée toujours sous la grisaille, on passe le col tout vert de Yanapunta (4630 m) à la fin de la descente on débouche sur ça :

 

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………..

 

Du campement au dessus de la laguna Cahuacocha, on peut voir Mr Yerupaja (6617 m) et à sa gauche le Siula Grande (6344 m) rendu célèbre par « La Mort Suspendu », livre et documentaire racontant la sale histoire d’alpinisme de Joe Simpson avec néanmoins un happy end. L’endroit est vraiment beau, on ne se lasse pas de regarder les glaciers et de voir et d’entendre les séracs tomber dans l’après midi.

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………..

Jour 4 : On se sent tout petit.

Encore bien emmitouflés dans nos duvets, on entend un arriero crier « buena foto, buena foto… » Il n’a pas tort. Enfin du beau temps, ça tombe bien cela doit être une des plus belles journées du tour.

A peine partis, nous sommes stoppés par une nouvelle communauté qui nous demande l’équivalent de dix dollars pour avoir marché sur leur pont ! Pour les campements, d’accord mais là, on a vraiment l’impression d’être pris pour des pigeons! Après, on remonte successivement trois lacs glaciaires. Au dessus desquels il y a de nombreuses cascades de glaces. Nous assistons à plusieurs avalanches de bloc. On passe un col assez raide puis on redescend à travers une grande zone marécageuse. On monte la tente juste avant l’orage.

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

………………………………………………………………….

……………………………………………………………….

………………………………………………………………..

Jour 5 : Le soulèvement des machines.

Un bon – 8 ce matin a laissé une couche de givre sur la tente, ce n’est pas banal de dégivrer sa tente un 6 aout ! C’est une petite journée avec cependant un col à 4780 m, malgré nos gros sacs on dépasse dans la montée une bande d’israéliens tout droit sortis du service militaire (et eux leurs sacs sont sur les ânes !), alors ben nous on se demande si on n’est pas devenu des machines  🙂

La descente se passe dans des alpages infinis, on ne vous a pas dit mais ici on peut voir beaucoup d’espèces d’animaux : renards, vigognes, rapaces, lapins etc.…mais nous descendons à toute vitesse, pourquoi ? Parce qu’au campement de Viconga on ne se fait pas pigeonner quand on paye son ticket, parce que ici, ils ont fabriqué un bassin qui collecte de l’eau thermale. Vous pouvez imaginer notre réaction quand on a rencontré cette piscine d’eau à 40 degrés, après six jours sans douche et à se les geler !

On sympathise avec Catalino un arriero qui gère un groupe de 3 tchèques qui ont le don de se perdre tous les jours.

……………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

Jour 6 : Les machines tombent en panne.

Retour de bâton, un genou douloureux pour l’un, un adducteur pour l’autre, rien de grave mais on fait beaucoup moins les fiers que la veille dans l’ascension du col de Punta Cuyoc. C’est le genre de col qui ne se termine jamais, tu crois être arrivé puis en fait non, alors tu dis en haut de cette bute ça y est, mais non toujours pas. Enfin quand tu arrives à 5020 mètres, le panorama est superbe, il y a un glacier tout proche et la vue sur le Yerupaja (6617 m), alors nous, ben on est content 🙂

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………..

On décide d’écourter l’étape pour se reposer un peu, on retrouve Catalino au camp, affligé car ses clients se sont encore perdus. (L’arriero a pour rôle de monter le camp avant l’arrivée des clients).

On discute de tout et de rien avec lui, ce coup-ci on disserte sur la plénitude de l’âne. En effet on se demande pourquoi, malgré leurs conditions d’esclaves, ils affichent toujours des signes ostentatoires de bonheur, un sourire et parfois beaucoup plus. Catalino arrive à la conclusion que si l’âne est si heureux, c’est parce qu’ici il peut toujours manger le sol.

La suite de la soirée est classique, coucher de soleil incroyable, froid extrême, pâtes au ketchup et dodo à 20 h.

……………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

Jour 7 : Cuy trop cuit.

Que de la descente, et à l’arrivée le village de Huaylapa (3500 m) où l’on peut se ravitailler. Encore une fois une des clientes de Catalino a fait fort, jusque là elle n’avait pas fait preuve d’ingéniosité mais là…

De très loin on la voit, sur le chemin qui est pourtant super large, faire demi tour et se perdre sur un sentier conduisant à un ravin, on se dépêche pour arriver à hauteur de Catalino et l’avertir. Il monte sur son cheval, nous du coup on se retrouve promu au rang  de muletier pendant un petit  bout de temps !

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

Catalino connait beaucoup de gens ici, au village il nous arrange le campement et la douche gratuite et il nous commande le repas du soir à une vieille dame. Au menu du Cuy (cochon d’inde) des patates et du riz. Le cuy est un peu coriace mais pour le reste ça change des pâtes !

Jour 8 : Le jour le plus blanc.

De Huaylappa il faut grimper 1500 mètres pour arriver au prochain campement, une longue journée donc contenu du dénivelé et du fait que l’on a lesté nos sacs à l’épicerie du village pour les trois prochain jours. A mi-parcours ça ne sent pas bon, beaucoup trop de nuages, trop gros, trop noirs. Quelques minutes plus tard des  grêlons commencent à tomber, puis de la neige on se tâte à monter la tente en catastrophe, la couche atteint rapidement 3 centimètres. Une éclaircie se pointe et la neige fond aussi vite qu’elle est tombée. Encore un interminable col à 4880 mètres puis la descente et le bivouac à 4500m, la nuit est très froide.

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

Jour 9 : Last col.

Les machines sont de retour ! Une petite heure et nous sommes au col. On a la surprise d’avoir un superbe panorama sur le Yerupaja et le Siula Grande. Il ne nous reste plus qu’à descendre jusqu’à la laguna de Jahuacocha.

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………….

……………………………………………………………………………..

………………………………………………………………..

Jour 10 : contre la montre.

Sur les conseils de Catalino on se lève de bonne heure pour choper le bus de 11h à Llamac. On longe pendant plusieurs kilomètres un canal à flanc de montagne avant l’ultime descente vers Llamac. Quelle étrange sensation que de se faire transporter, ce n’est pas si mal. De retour à Huaraz on retrouve le confort de la vie citadine, un lit, une douche, un hamburger…

…………………………………………………….

………………………………………………………….