Le trek du Rinjani.

4 juin 2013 at 14 h 11 min

Sur l’ile de Lombok, tout d’abord nous faisons prolonger nos visas à Mataram. Cela prend normalement  trois jours ouvrés. Pas de bol, le week-end approche et ça ne nous arrange pas du tout de rester bloquer 5 jours alors qu’une belle fenêtre météo s’ouvre à  nous, pour notre prochain trek. Alors à l’immigration, on demande avec notre meilleur sourire s’il n’y a pas moyen de s’arranger. Un regard à droite puis à gauche de la part de l’agent de l’immigration et il nous retourne notre sourire. Notre tentative de corruption fait mouche et l’on ressort du bureau de l’immigration le jour même avec nos visas en poche.

Bon, on n’est pas venu à Lombok pour boire des banana-shakes mais pour partir à l’assaut du plus haut volcan d’Indonésie occidentale, le Rinjani et ses 3726 mètres. Toutes les agences de l’ile proposent d’effectuer le trek avec guide et porteur, vous permettant au passage de vous délester d’une bonne centaine d’euros. Quand on leur raconte que nous comptons le faire par notre propre moyen ils nous répondent le blabla habituel : trop dur, trop dangereux, il fait froid, vous allez vous perdre…bon ils essayent tout de même de nous refiler un transport pour Senaru, le village de départ, encore raté! On fera du stop.

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Jour 1: 13 km, +2200 m.

Départ au lever du jour du village de Senaru, avec 5 jours de nourriture et de l’eau pour la journée, nous avons des sacs de respectivement 14 et 17 kilos. Le village est à 500 m d’altitude et le bivouac à 2640 m, autant dire que l’on va en chier …On nous a raconté tout et n’importe quoi sur les droits d’entrée. Le chiffre officiel est de 20 000 roupies mais ici les villageois nous parlent de 150 000 roupies par personne, ça sent l’arnaque à plein nez alors on ne se fait pas prier et esquivons facilement l’entrée du parc. S’ensuit une montée interminable dans la jungle et le brouillard, grâce à un timing aussi parfait qu’improbable, nous nous retrouvons sous un abri lors de l’orage. Ça tombe bien, parce que nous avons eu l’idée lumineuse de partir sans pancho de pluie.

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Après 9h de montée éreintante, nous arrivons enfin sur le rempart  sud de la caldeira, toujours dans les nuages. On a juste le temps de monter la tente entre deux tas d’ordures qu’il se met à tomber des cordes.

Jour 2: 5 km, -700 m.

Le matin, le soleil s’invite, nous avons une vue imprenable sur la caldeira du Rinjani et le Gunung Baru, le petit dernier a émergé du lac il y a seulement 200 ans et il est régulièrement en éruption.

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Aller c’est reparti ! Une descente assez raide et souvent glissante nous mène jusqu’au lac en deux heures. Dans la descente, c’est la foire à la saucisse, certains groupes semblent découvrir la marche en descente (enfin la marche tout court) et semblent aussi à l’aise que des éléphants en ballerine. Après un petit moment, on arrive enfin à les doubler. C’est une petite journée car nous bivouaquerons près du lac alors que les groupes organisés continuent vers le camp de base, malgré la fatigue affichée de certains.  Encore une fois la vue est belle mais le campement est franchement dégueulasse, il y a des ordures et de la merde (de la vraie) partout. Un bon bain dans la cascade et les sources chaudes environnantes. Nous achetons du poisson à un groupe de locaux venus pécher entre potes. Nous passons une bonne partie de l’après midi à cuire nos poissons au feu de bois et à discuter avec des étudiants de Lombok.

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Jour 3: 7 km +700 m.

En route pour le camp de base, 700 mètres de montée toujours assez raide, ce n’est pas long mais les grosses marches nous fatiguent. Là, rien de mieux pour ruiner notre motivation, nous sommes obligés de doubler un groupe qui transporte un cadavre d’un jeune d’à peine 18 ans…sale histoire. On échange quelques mots avec eux. Apparemment ce serait une chute, on leur souhaite bon courage et on continue de monter en silence.

Deux heures de marche c’est encore une petite journée et nous avons la chance d’avoir une après-midi ensoleillée avec une vue dégagée sur le lac et la caldeira… les singes rodent et s’approchent de temps en temps de la tente pour chourer de la nourriture, un chien mercenaire gardera la tente toute la soirée aboyant sur tout ce qui s’approche de nous. Ce qui est très sympa sauf quand tu essayes de dormir.

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Jour 4: 12 km, + 1100 m, -1900 m.

A 3h du matin, première interrogation, le temps? Ciel étoilé, orage au loin pour le spectacle, c’est parfait ! Deuxième interrogation : mais où est donc passé Chien? Disparu, alors qu’il avait gentiment aboyé toute la nuit. Nous laissons notre campement et partons légers jusqu’au sommet qui culmine à 3726 mètres.  Nous commençons à être bien entrainés c’est donc sans trop de difficultés que nous arrivons au sommet en ayant doublé un bon nombre de personnes.

On se les caille sévère ! Le lever du soleil est superbe depuis le sommet de l’ile de Lombok on a un panorama exceptionnel sur Bali, Sumbawa et le célèbre volcan Tombora dépassant des nuages. Au sommet, des gens, des cailloux, du vent et du froid et Chien. Mais bordel, mais qu’est que fout Chien ici !? Lui aussi se les caille un max et ne semble pas franchement apprécier l’expérience. S’ensuivent une dizaine de minutes tragiques dignes des plus grands romans d’alpinisme où nous tentons de le faire descendre mais Chien ne veut rien savoir, il préfère rester là-haut. Alors le débat s’engage, madame pense qu’il va mourir dans d’atroces souffrances alors que monsieur pense avoir affaire à un chien alpiniste qui sait ce qu’il fait. Bref…

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 Le retour à la tente se fait très vite, les pentes de scories sont autant casse pieds à monter que géniales  à descendre.

Après un p’tit café à la tente nous plions bagage et poursuivons la descente vers le village de Sembalun.  C’est une descente de 2600 m alors vu qu’il nous reste de la bouffe et qu’on est fatigués on préfère couper et nous décidons de planter la tente pour une dernière nuit.

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Jour 5: 8 km, -800 m.

Bien reposés, nous n’avons plus que trois petites heures de marche dans la savane.

Après une heure de stop et une heure et demie de bus nous arrivons à Mataram,  direction le centre commercial pour un moment tant attendu après des jours à manger des noodles : on dévalise le fast-food. Le soir même nous sommes de retour à Senggigi, (petite ville côtière où nous avions laissé des affaires). Les prochains jours nous allons nous la couler douce aux iles Gili.

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