Un dernier zest de Pérou, Arequipa et le canyon de Colca.

21 septembre 2013 at 19 h 22 min

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Avant de passer en Bolivie on reprend encore un petit peu de Pérou, la dernière étape est Arequipa et la région des canyons. Arequipa c’est la deuxième plus grande ville du Pérou, elle est située en plein désert aux pieds de deux gigantesques volcans le Misti (5822 m) et le Chachani (6075 m), dont la ville fait régulièrement les frais.

A la base, on est venu à Arequipa pour monter au sommet du Chachani, mais ça c’était avant qu’une rapide recherche sur internet nous fasse lire ce commentaire sans équivoque « N’y allez pas, ce sommet est une bouse ». Du coup on a beaucoup moins envie d’investir 100 dollars par tête et on préfère profiter des terrasses d’Arequipa, une des rares villes du Pérou où nous n’avons pas eu froid, c’est que la ville a la décence de se trouver à une altitude raisonnable.

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Nous visitons son joli centre ville avant de nous diriger vers le célèbre canyon de Colca, long de 100 km et profond par endroit de 3000 m. Après le canyon de Cotahuasi (également dans la région) c’est le plus profond au monde.

Nous nous rendons à Cabanaconde petit village à partir duquel on peut descendre au fond du Canyon. A quelques kilomètres il y a un spot pour observer les condors des Andes, des vautours pouvant atteindre 3m50 d’envergure.

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Puis c’est parti pour une descente au fond du canyon, une longue descente de 1200 m assez raide et nous voilà à l’oasis de Sangalle, cet endroit exclusivement touristique se compose de chambre rudimentaire et de piscine d’eau de source. Ça tombe bien, une après-midi à glander au bord de la piscine avec un soleil radieux ça faisait un petit moment qu’on en rêver! Nous passons la soirée avec Arnaud, David, Jules et une bouteille de Rhum.

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Le lendemain de bonne heure nous remontons à Cabanaconde, s’ensuit du transport, une nuit d’hôtel puis un mémorable trajet à bord de cinq bus différents en direction de La Paz en Bolivie.

Ca y est, on a réussi à quitter le Pérou! On devait y rester 5 semaines, eh ben c’est raté, on a ravagé notre semblant de planning, on y est resté 9! On en a pris plein les yeux, marché en tout 28 jours dans cette cordillère incroyable et nous avons amélioré notablement notre espagnol. On a vraiment apprécié la compagnie des Péruviens. Eh oui, ici ce n’est pas l’Asie, quand on te sourit tu n’es pas obligé de renvoyer bêtement le sourire et de sortir les trois pauvres mots que tu as appris d’une langue qui te paraît aussi accessible qu’une équation de mécanique quantique. Ici tu peux discuter ! Et ça, ça te change le voyage!

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Cuzco et le tour de l’Ausangate.

15 septembre 2013 at 22 h 18 min

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Cuzco a été la capitale de l’éphémère Empire Inca, c’est qu’ils n’ont pas eu vraiment de chance…Les Incas sont restés une puissance régionale pendant plusieurs siècles et c’est seulement au XV eme siècle qu’ils se sont lancés dans une conquête qui étendra leur empire sur 4000 kilomètres de long, de Santiago du Chili à Quito. C’était sans compter sur l’arrivée d’une poignée d’espagnol, conduits par Francisco Pizaro en 1531. Les armes rudimentaires des incas ne faisaient pas le poids contre Les Espagnols, avec leurs grosses armures, leurs épées, leurs microbes et l’aide de nombreuses tribus récemment conquises par les Incas alors bien contentes de se venger. Imaginer la tête des pillards espagnols lorsqu’ils ont découvert que l’un des temples de Cuzco était recouvert de 700 feuilles d’or de 2 kilos chacune! S’ensuit un des plus grands holdups de l’Histoire, des massacres, la domination des Espagnols. Puis viendra l’indépendance du Pérou et la naissance d’une civilisation hybride, andine et latine.

Aujourd’hui cette jolie ville déborde d’hôtels de boutiques et de restaurants, c’est que, les attractions archéologiques et naturelles ne manquent pas dans la région!

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Un peu plus haut, autour de l’Ausangate.

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4 jours, 45 km, D+2300 m, D- 2400, altitude moyenne: 4650 m.

On n’a pas mal hésité à faire cette randonnée, on pensait avoir eu notre dose de marche et que les paysages n’étaient pas aussi beaux que lors de nos précédentes sorties, à tort ! L’isolement et la quantité de glacier que l’on peut approcher de très prés donnent à ce trek des airs de bout du monde.

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De Cuzco, il faut compter trois heures de bus pour arriver à Tinke, ici toutes les femmes portent encore l’habit et le chapeau traditionnel. On passe un check point, il faut payer 10 soles par personne et s’inscrire dans le registre. En l’examinant, on se rend compte que nous sommes les seuls à partir ce jour-là ! A la fois, c’est bien et à la fois non, c’est toujours rassurant de pouvoir converser avec d’autres groupes et surtout avec leurs arrieros en cas de problèmes.

La première étape, peu intéressante se passe sur une piste qui s’approche du hameau d’Upis, où se trouvent des sources chaudes. A peine 20 mètres après le check point, un chauffeur de 4×4 s’arrête et nous propose de nous avancer. Ce n’est pas trop dans l’esprit mais  nous n’hésitons pas, vamos !

Après quelques kilomètres à manger la poussière à l’arrière du Pick-up, il nous dépose, ainsi que Isabel et Eraclito montés en cours de route. Ceux là habitent prés de notre campement et ils se proposent comme guide. Ils vivent seulement de l’élevage et de la vente de la laine d’alpaga, pendant qu’ils marchent ils ne perdent pas de temps et filent de la laine. On monte la tente sous la grisaille, on n’est toujours pas convaincu de la beauté des lieux.

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Deuxième jour :

La nuit était bien fraiche à 4500 mètres, mais le soleil vient toquer à la bâche de la tente. Ca nous motive bien, on passe le premier col à 4780 mètres, des gros nuages commencent à se former. On contourne l’Ausangate (6384 m) par le sud et on se dit que finalement cette rando envoie du pâté ! La face sud-ouest est entièrement recouverte de glace dont la course se termine dans une dizaine de lacs différents. Après la pause déjeuner, cela se gâte, c’est carrément un orage qui nous cours après. Ben nous la foudre sur ce genre de terrain dégagé et avec des bâtons en métal dans les mains, hé ben on n’aime pas trop, alors on se grouille. Nous contournons toujours la montagne et le maudit nuage est bloqué par le sommet du vénérable Ausangate! On bivouac complètement seul à 4750 m, au bord d’un lac nommé Ausangatecocha, c’est plutôt pas mal ! 🙂

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Troisième jour :

Du campement, ça continue de monter jusqu’à  4850 mètres, pour en fin de compte redescendre au creux d’une vallée. Nous verrons ici la seule personne en trois jours de marche, un vieux bonhomme la peau brûlée par le froid et le soleil, comparer ses pieds à celui d’un hobbit serait presque un compliment tellement la corne semble avoir remplacé la moindre parcelle de peau. Il essaie de nous parler en quechua, forcement au début on ne comprend rien, puis il continue dans le langage universel des signes. Il nous dit « vous là les gringos, ici c’est chez moi alors filez-moi des gâteaux ! », on lui répond nous aussi dans le langage des signes «  Ecoutes papi, désolé, mais nous on n’a pas de mules, on se trimballe tout dans nos sacs qui pèsent une tonne à cette altitude, et on prévoit notre nourriture au gramme. Mais c’est ton jour de chance, on a sans le vouloir acheté des gâteaux au beurre de cacahuète, et nous tu vois, on n’aime pas trop ça, alors on va te les donner ». Il est content et repart les poches pleines de gâteaux, nous on est plus léger pour attaquer ce col à 5130 m.

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On n’était pas allé aussi haut depuis le Népal ! Doucement mais surement on arrive là-haut, le massif entier se découvre. A partir de maintenant on surnommera la rando « El camino de los glacieres ». Il y en a de toutes sortes : suspendus, effondrés, encaissés, déchiquetés, un autre finissant directement dans un lac de couleur rouge, et puis vu que nous sommes en 2013, il faut se l’avouer, pas mal de glaciers ont aussi disparu…Comme souvent, une descente augure une nouvelle remontée. La journée est longue, on termine de marcher à 17h  et on campe à Jampa (4650 m).

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Quatrième jour :

Bien au chaud dans nos duvets on ne s’est pas rendu compte qu’Il a fait très froid (-10), toute notre eau est gelée! On se dépêche de ranger les affaires, car être touts seuls dans la montagne c’est sympa mais c’est samedi et on irait bien passer la soirée à Cuzco ! Mais pour cela on doit doubler l’étape pour rejoindre Tinke dans la journée.

On monte vers le col de Jampa (5050 m) qui contourne le massif par le nord, on est encore une fois surpris, on pensait le plus beau derrière nous, mais non ! L’Ausangate nous gâte jusqu’au bout ! On peut voir Le Pico de los Très (6093 m) ses glaciers, des vigognes sauvages, puis la descente entre les lacs turquoises…Magnifiques!

Vers 14 h, dans la descente on croise un groupe puis un deuxième, et enfin un village. Sur notre plan il était noté comme campement, c’est en fait un vrai village avec une piste et des motos, on nous propose de nous conduire à Tinke pour 5 soles et ainsi shunter les 12 derniers kilomètres. Mais oui ! Après 4 jours à se trainer, la sensation de vitesse dans ces paysages immenses était excellente !

Nous étions de retour à Cuzco en fin d’après-midi, la suite vous la connaissez une douche, un burger, une bière(s) et un bon lit …

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 Une petite vidéo sur Cuzco et sa région:

 

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Le trek du Salkantay et le Macchu Picchu!

4 septembre 2013 at 3 h 41 min

Nous arrivons à Cuzco après un trajet interminable de 21 h de bus. Nous arrivons donc à la nuit tombée pour chercher un hôtel petit budget, ce qui apparemment n’est pas chose facile ici ! 10 minutes plus tard nous sommes installés dans une chambre correcte avec salle de bain pour seulement 25 soles à deux, en plein centre. On cherche le piège, on ne le trouve pas. La soirée passe et aux alentours de 23h nous comprenons pourquoi nous ne payons pas cher, l’hôtel est juste au-dessus d’une discothèque! Nous passons deux jours à Cuzco pour se réacclimater (la ville est à 3400 mètres) et faire nos préparatifs pour le trek du Salkantay. Il y a différents moyens d’atteindre le Macchu Picchu, celui-ci en fait partie.

Véritable concentré du Pérou, ce trek commence par un col de haute altitude au pied du Nevado Salkantay et ses glaciers, puis il descend dans une vallée au climat subtropical et passe par la merveille archéologique du Pérou avant de remonter vers les hauts plateaux.

6 jours, 110 km, d+ 4100, d- 3650.

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J1 : Mollepata (2900 m) -> Soraypampa (3850 m), 21 km,  D+ 1000 m.

Nous arrivons un jour avant le départ à Mollepata, un petit village andin. On loge chez un couple de petits vieux vraiment sympas. Le premier jour de marche est plutôt long, on longe une piste qui s’approche de la cordillère Vilcabamba et on monte la tente près d’un torrent.

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J2 : Soraypampa (3850 m) -> Chaullay (2900 m),  22 km,  D+ 800 m, D- 1750 m.

On continue à monter vers le Salkantay Pass (4630m), très vite le chemin disparaît sous la neige, c’est que le sud du Pérou subit des chutes de neige sans précédent depuis quelques semaines. Arrivés au col, on a une vue terrible sur le Nevado Salkantay (6271 m), le plus haut sommet de la cordillère Vilcabamba. Mais on n’est pas tout seul, ce trek est plus fréquenté que les précédents, on croise pas mal de groupe dont un de Français. La descente est longue et le temps incertain.

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J3 : Chaullay (2900 m) -> La Playa (2150 m),  13 km, D- 800 m

Il a plu toute la nuit, nous on est bien au sec dans notre tente, par contre les autres ont pataugé toute la nuit, on en voit même certains qui écopent carrément leur tente. Encore une fois on est bien content de faire tout ça sans agence. Car malgré les 200 dollars que paye chaque client, les agences  n’investissent pas dans des tentes correctes. Tout le monde s’en va, nous, on reste en espérant que la pluie s’arrête, vers midi il pleut toujours mais on se décide enfin à partir. Ça mouille mais on est plutôt content car le chemin traverse la forêt subtropicale, ça faisait bien deux mois que l’on n’avait pas vu de la végétation digne de ce nom. On aperçoit des colibris et des perruches et on traverse des cultures de café, fruit de la passion et banane. On arrive à La Playa, petit village qui porte très mal son nom sous une pluie battante, on n’a vraiment pas envie de monter la tente avec toute cette humidité. Alors on prend un minibus pour Santa Teresa, dix kilomètres plus loin, où l’on trouvera un petit hôtel.

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J4 : Hydroelectrica (1750 m) -> Aguas calientes (2100 m),  14 km, D+ 300 m.

La pluie s’est arrêtée ! On prend un minibus qui nous dépose au début du chemin de fer. Ensuite, on longe les rails sur 14 km au fond d’une vallée encaissée. C’est joli, parfois, on a des vues sur les ruines du Macchu Picchu perchés sur sa montagne. On arrive à Aguas Calientes, ville hôtel au pied du site, nous achetons nos entrées pour le lendemain, à 52 dollars par personne !

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J5 : Aguas calientes (2100 m)  -> Montana Macchu Picchu (3080 m), 12 km – D+ 1100 m.

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Pour aller au site il y a deux solutions, soit payer 18 dollars pour 10 minutes de bus, soit monter 1746 marches. On se lève tôt et on choisit la deuxième option. Le lever de soleil sur les ruines est magique, ensuite on continue de monter jusqu’au sommet de la Montana Macchu Picchu (3080 m) encore 2360 marches mais ça en vaut la peine ! Là haut, on voit la vallée de l’Urubamba, le site archéologique et la cordillère Vilcabamba. Après ça, on redescend et on visite les ruines, parfois on tend l’oreille pour glaner quelques informations auprès d’un guide.  Les archéologues semblent d’accord pour dire que le site était un important centre cérémoniel pour les Incas, pour les détails et les dates, les études se perdent en conjonctures diverses, que chaque guide interprète à sa façon…

 

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J6 : Aguas calientes (2100 m) ->  Piscacucho (2650 m), 28 km, D+ 750 m

Pour repartir d’Aguas Calientes on remonte la vallée de l’Urubamba sur 28 km toujours le long des rails, on ne paye pas le train du Macchu Picsou (54 dollars pour 40 km). A pied, c’est long mais c’est beau, la forêt subtropicale se transforme en paysages alpin puis on retrouve les hauts plateaux hérissés d’eucalyptus. On termine bien fatigués à Pisacucho, au pied du massif Nevado Veronica (5642 m).

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