Paso del Viento (et pas qu’un peu).

28 février 2014 at 23 h 37 min

 

L’idée de cette rando est d’avoir une vue sur le « Campo Hielo » (champ de glace), qui se trouve derrière les tours de granite d’El Chalten, ce champ de glace est la troisième plus grande calotte glaciaire au monde après l’Antarctique et le Groenland, rien que ça! Une rando qui un a goût plus sauvage que la précédente, il  y a beaucoup moins de monde dans cette partie du parc, un torrent à franchir en tyrolienne et des sentiers de haute montagne.

3 jours, 48 km, +2200m, -2200m.

Le premier jour on part d’El Chalten pour rejoindre un campement dans la vallée du Rio Tunnel à travers des paysages alpins, beaucoup de vent à signaler sur la fin du parcours mais le campement est lui bien abrité.

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Le deuxième jour avant de partir du camp on rencontre Etan, un Néo-Zélandais, la journée étant assez engagée, il préfère être accompagné et en plus il a des baudriers pour nous faire traverser la rivière à l’aide de la tyrolienne et non à gué, c’est parfait.

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Après avoir passé une moraine, on se retrouve à marcher sur un beau glacier pendant 2 kilomètres.

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Ensuite ça monte, nous prenons de la hauteur et nous avons vu sur un deuxième glacier encore de belle taille. Cela a de la gueule…

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On arrive sur un large col, où l’on voit la calotte glaciaire, c’est impressionnant!  Pas mal de vent au col mais ca va, cela nous amuse.

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A la fin de la journée, après avoir redescendu et traversé la tyrolienne dans l’autre sens, le vent se met à souffler de façon hallucinante, aspirant l’eau des lacs à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. On gère mais la progression est délicate, ca nous amuse toujours car tous les trois on n’a jamais vu un vent pareil. A quelques centaines de mètres du campement, une nouvelle rafale arrive beaucoup plus forte que les autres, Laeti et Etan flairent le danger et se jettent par terre, pas moi. Un hurlement assourdissant se fait entendre, le temps que je comprenne que ce n’est pas bon et c’est déjà trop tard, j’ai pris trop vitesse, je vole déjà, je ne contrôle plus rien. Je m’écrase comme une pauvre m…. une petite dizaine de mètres plus loin sur un tas de pierre.

Le hurlement de la rafale s’arrête, je suis sonné, c’est le moment de doute où j’ai mal partout et je me demande combien d’os je me suis cassé.  J’entend Etan, complètement halluciné: « you flew men, you flew!!! » Suivi d’un « how bad is it?”. Bilan : voler contre son gré c’est désagréable, ca fait une bosse à la tête et surtout une entorse au genou. Rien de grave mais c’est une mauvaise nouvelle car on avait encore de belles ballades de prévues.

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Le troisième jour, lors du retour sous la pluie à El Chalten, on s’est beaucoup moins marré qu’à l’aller.

 

La traversée des Andes.

4 février 2014 at 0 h 01 min

 

5 jours, 80 Kilometres, D+ 1500 m, D-  2000 m.

On a donc réussi à décrocher quelques informations sur cette traversée. Elle durerait cinq ou six jours, du paso Léon en Argentine jusqu’à Cochamo sur les rives du Pacifique au Chili. Quelques mots reviennent sans cesse: boue, forêt, humidité et isolement! Bon ça a l’air chouette! On retrouve Anthony à Bariloche pour s’organiser et surtout acheter une semaine de provision.
Un détail qui a son importance : c’est un aller simple. Cette fois ci, il n’est pas question de laisser les affaires inutiles à la marche, on portera tout. Le lendemain, on part donc, menhir sur le dos, jusqu’à une intersection sur la route 40. On parcourt tant bien que mal les 43 km en stop jusqu’à la frontière. Le douanier nous indique un chemin pour descendre près du rio Manso, une rivière couleur menthe. On plante la tente et on se met à pécher. Notre canne attrape sa première truite!

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1er jour : passage de douane.
On part faire nos tampons de sortie à la douane Argentine, on marche un kilomètre on traverse le rio Manso puis on tamponne du coté Chilien. C’est peut être la douane la plus tranquille du monde, une petite maison au milieu d’un champ ou broutent des chevaux…à l’intérieur un agent souriant visiblement heureux d’avoir quelque chose à faire et des gens avec qui discuter! On continue sur une dizaine de kilomètre, le chemin est pas évident à négocier avec nos menhirs mais on s’en sort. On trouve un petit coin d’herbes pour poser nos tentes.

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2eme jour : poisson à profusion.

Il pleut de six heures à midi. Les chemins sont détrempés. Alors on décide de ne pas marcher aujourd’hui, on se cale sur une petite pointe rocheuse non loin du campement, il n’y a que nous, les condors et les poissons. Et notre canne pêche a été une vrai pourfendeuse de truite!

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3eme jour : promenons nous dans les bois.

On quitte avec un petit pincement au cœur le nourricier rio Manso et on monte jusqu’au lac Vidal Gomez. On croise de temps en temps des petites habitations en bois. On longe le lac sur toute sa longueur. Pour l’instant ca va, le chemin est humide mais ça reste raisonnable, ça ne va pas durer. On campe au bord du lac, sur le terrain d’un couple d’une cinquantaine d’années. Ils vivent à 50 km de la première route alors on peut vous dire que ici  ils ne sont pas emmerdés.

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4 eme jour: danse avec la boue.

Dur, dur, une succession de montées et de descentes dans des tranchées boueuses de plusieurs mètres de profondeur, dans les tréfonds de la forêt humide notre progression est lente, il faut enjamber des troncs, traverser des rivières à gué et essayer de ne pas se vautrer! On campe à el Arco, une armée de taons nous attendent sur place, le combat fait rage jusqu’au coucher du soleil. Dommage pour eux, nous sommes devenus experts pour les éclater!

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5eme jours : la vallée des merveilles.

On descend la vallée de Cochamo, ici il y a des sommets de granite qui feraient penser à un petit Yosemite! C’est juste magnifique ! il y a aussi un tobogan en granite qui serait un endroit parfait si l’eau n’était pas si glacée. On n’est plus très loin de la route alors du coup on commence à croiser pas mal de monde. On aimait bien notre isolement alors on passe le camping de la Junta et on s’arrête dans une clairière à 1heure de là.

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6 eme jours : viande!

On marche encore quelques heures, puis on arrive à Cochamo, un petit village sur les bords d’un fjord.

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Cuzco et le tour de l’Ausangate.

15 septembre 2013 at 22 h 18 min

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Cuzco a été la capitale de l’éphémère Empire Inca, c’est qu’ils n’ont pas eu vraiment de chance…Les Incas sont restés une puissance régionale pendant plusieurs siècles et c’est seulement au XV eme siècle qu’ils se sont lancés dans une conquête qui étendra leur empire sur 4000 kilomètres de long, de Santiago du Chili à Quito. C’était sans compter sur l’arrivée d’une poignée d’espagnol, conduits par Francisco Pizaro en 1531. Les armes rudimentaires des incas ne faisaient pas le poids contre Les Espagnols, avec leurs grosses armures, leurs épées, leurs microbes et l’aide de nombreuses tribus récemment conquises par les Incas alors bien contentes de se venger. Imaginer la tête des pillards espagnols lorsqu’ils ont découvert que l’un des temples de Cuzco était recouvert de 700 feuilles d’or de 2 kilos chacune! S’ensuit un des plus grands holdups de l’Histoire, des massacres, la domination des Espagnols. Puis viendra l’indépendance du Pérou et la naissance d’une civilisation hybride, andine et latine.

Aujourd’hui cette jolie ville déborde d’hôtels de boutiques et de restaurants, c’est que, les attractions archéologiques et naturelles ne manquent pas dans la région!

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Un peu plus haut, autour de l’Ausangate.

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4 jours, 45 km, D+2300 m, D- 2400, altitude moyenne: 4650 m.

On n’a pas mal hésité à faire cette randonnée, on pensait avoir eu notre dose de marche et que les paysages n’étaient pas aussi beaux que lors de nos précédentes sorties, à tort ! L’isolement et la quantité de glacier que l’on peut approcher de très prés donnent à ce trek des airs de bout du monde.

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De Cuzco, il faut compter trois heures de bus pour arriver à Tinke, ici toutes les femmes portent encore l’habit et le chapeau traditionnel. On passe un check point, il faut payer 10 soles par personne et s’inscrire dans le registre. En l’examinant, on se rend compte que nous sommes les seuls à partir ce jour-là ! A la fois, c’est bien et à la fois non, c’est toujours rassurant de pouvoir converser avec d’autres groupes et surtout avec leurs arrieros en cas de problèmes.

La première étape, peu intéressante se passe sur une piste qui s’approche du hameau d’Upis, où se trouvent des sources chaudes. A peine 20 mètres après le check point, un chauffeur de 4×4 s’arrête et nous propose de nous avancer. Ce n’est pas trop dans l’esprit mais  nous n’hésitons pas, vamos !

Après quelques kilomètres à manger la poussière à l’arrière du Pick-up, il nous dépose, ainsi que Isabel et Eraclito montés en cours de route. Ceux là habitent prés de notre campement et ils se proposent comme guide. Ils vivent seulement de l’élevage et de la vente de la laine d’alpaga, pendant qu’ils marchent ils ne perdent pas de temps et filent de la laine. On monte la tente sous la grisaille, on n’est toujours pas convaincu de la beauté des lieux.

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Deuxième jour :

La nuit était bien fraiche à 4500 mètres, mais le soleil vient toquer à la bâche de la tente. Ca nous motive bien, on passe le premier col à 4780 mètres, des gros nuages commencent à se former. On contourne l’Ausangate (6384 m) par le sud et on se dit que finalement cette rando envoie du pâté ! La face sud-ouest est entièrement recouverte de glace dont la course se termine dans une dizaine de lacs différents. Après la pause déjeuner, cela se gâte, c’est carrément un orage qui nous cours après. Ben nous la foudre sur ce genre de terrain dégagé et avec des bâtons en métal dans les mains, hé ben on n’aime pas trop, alors on se grouille. Nous contournons toujours la montagne et le maudit nuage est bloqué par le sommet du vénérable Ausangate! On bivouac complètement seul à 4750 m, au bord d’un lac nommé Ausangatecocha, c’est plutôt pas mal ! 🙂

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Troisième jour :

Du campement, ça continue de monter jusqu’à  4850 mètres, pour en fin de compte redescendre au creux d’une vallée. Nous verrons ici la seule personne en trois jours de marche, un vieux bonhomme la peau brûlée par le froid et le soleil, comparer ses pieds à celui d’un hobbit serait presque un compliment tellement la corne semble avoir remplacé la moindre parcelle de peau. Il essaie de nous parler en quechua, forcement au début on ne comprend rien, puis il continue dans le langage universel des signes. Il nous dit « vous là les gringos, ici c’est chez moi alors filez-moi des gâteaux ! », on lui répond nous aussi dans le langage des signes «  Ecoutes papi, désolé, mais nous on n’a pas de mules, on se trimballe tout dans nos sacs qui pèsent une tonne à cette altitude, et on prévoit notre nourriture au gramme. Mais c’est ton jour de chance, on a sans le vouloir acheté des gâteaux au beurre de cacahuète, et nous tu vois, on n’aime pas trop ça, alors on va te les donner ». Il est content et repart les poches pleines de gâteaux, nous on est plus léger pour attaquer ce col à 5130 m.

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On n’était pas allé aussi haut depuis le Népal ! Doucement mais surement on arrive là-haut, le massif entier se découvre. A partir de maintenant on surnommera la rando « El camino de los glacieres ». Il y en a de toutes sortes : suspendus, effondrés, encaissés, déchiquetés, un autre finissant directement dans un lac de couleur rouge, et puis vu que nous sommes en 2013, il faut se l’avouer, pas mal de glaciers ont aussi disparu…Comme souvent, une descente augure une nouvelle remontée. La journée est longue, on termine de marcher à 17h  et on campe à Jampa (4650 m).

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Quatrième jour :

Bien au chaud dans nos duvets on ne s’est pas rendu compte qu’Il a fait très froid (-10), toute notre eau est gelée! On se dépêche de ranger les affaires, car être touts seuls dans la montagne c’est sympa mais c’est samedi et on irait bien passer la soirée à Cuzco ! Mais pour cela on doit doubler l’étape pour rejoindre Tinke dans la journée.

On monte vers le col de Jampa (5050 m) qui contourne le massif par le nord, on est encore une fois surpris, on pensait le plus beau derrière nous, mais non ! L’Ausangate nous gâte jusqu’au bout ! On peut voir Le Pico de los Très (6093 m) ses glaciers, des vigognes sauvages, puis la descente entre les lacs turquoises…Magnifiques!

Vers 14 h, dans la descente on croise un groupe puis un deuxième, et enfin un village. Sur notre plan il était noté comme campement, c’est en fait un vrai village avec une piste et des motos, on nous propose de nous conduire à Tinke pour 5 soles et ainsi shunter les 12 derniers kilomètres. Mais oui ! Après 4 jours à se trainer, la sensation de vitesse dans ces paysages immenses était excellente !

Nous étions de retour à Cuzco en fin d’après-midi, la suite vous la connaissez une douche, un burger, une bière(s) et un bon lit …

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 Une petite vidéo sur Cuzco et sa région:

 

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