Tupiza et Salta.

29 novembre 2013 at 19 h 34 min

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Pour l’instant on y avait échappé, mais ça y est il est bien là, se dressant piteusement devant nous : le fameux bus bolivien. La rumeur était donc vraie,  la rouille, les fenêtres qui ne ferment pas, les pneus lisses, les sièges en bois, la piste défoncée, les ravins, les amortisseurs aussi souples que du béton, la poussière, le chauffeur qui pourrait perdre ses 12 points en 30 secondes selon nos standards, un arrêt improbable de 3 heures dans un village tout aussi improbable…le package est complet. Le trajet entre Uyuni et Tupiza aurait pu être un calvaire si nous n’avions pas été scotchés devant des paysages tous droit sortis des plus beaux westerns.

Tupiza est une petite ville agréable. Toujours avec notre cher Julien nous partons faire un tour dans les canyons au-dessus de la ville. Puis on reprend la route vers la frontière Argentine.

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Avant de passer l’immigration, on change nos dollars, fraîchement retirés en Bolivie, en pesos argentins. En raison de l’inflation et de l’interdiction d’acheter des dollars sur le sol argentin, on peut se faire une sacrée marge en échangeant ces dollars sur le marché parallèle. Le taux officiel est de 5,8 pesos pour un dollar, or nous les changeons au taux de 9,75 pour un dollar, soit 60% de mieux ! De quoi être plus à l’aise dans un pays où le coût de la vie est bien plus chère que les précédents.

On pensait dormir au village Purmamarca mais le stop en a décidé autrement. Nous grimpons tous les trois dans le 4X4 de Gustavo qui vient de s’arrêter à notre hauteur, on fait connaissance et il nous propose rapidement d’aller dormir chez lui. Notre première nuit en Argentine sera donc dans la superbe maison d’un guitariste de Tango et Flamenco hors pair, qui est récemment revenu de France avec de la Prune et de la liqueur de Champagne s’il vous plait !  Le matin il propose de nous emmener à Jujuy, la capitale de la province plus au sud et de là nous rejoignons Salta.

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Salta c’est la grande ville du nord-est Argentin, les différences ethniques, économiques et culturelles avec les Pays Andins sont très fortes. Un occident austral ? Oui surement, le Chili, l’Argentine l’Uruguay et le sud du Brésil sont majoritairement peuplés par des descendants de colons européens et cela se sent. Alors nous on se balade, dépaysés de voir des choses qui nous rappellent chez nous. Je ne sais pas si on vous la dit mais la bouffe en Bolivie ce n’était pas trop ça, ici on trouve quasiment tout ce dont on rêvait, alors on se rattrape. Et quand boucherie rime avec paradis, on achète deux entrecôtes de 300 grammes pour 25 pesos soit 2 euros. Alors le lendemain, on en rachète deux autres…

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Après trois semaines à voyager avec Julien c’est le moment de se quitter, lui va voir un pote à Cordoba plus au Sud, nous on part à l’est, vers l’Uruguay. Mais on va faire un gros détour pour aller voir une grosse cascade.

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Le Salar d’Uyuni et le sud Lipez.

9 novembre 2013 at 22 h 49 min

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Nous débarquons à Uyuni en milieu d’après-midi. A peine sortis du bus, nous croisons des têtes déjà vues sur la route, ils nous indiquent l’hôtel bon marché puis l’agence pas cher pour organiser nos prochains jours. Nous voici tous inscris dans la même agence, Julien, Salomé et Clem un couple de Français, Alex et Goshka un couple Italiano Polonais. On monte tous dans un 4×4 pour un circuit de trois jours.

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Jour 1:

Premiers kilomètres sur le désert de sel c’est grand, c’est salé, c’est impressionnant ! Notre chauffeur s’appelle Willfredo (ce n’est pas une blague), il nous dépose sur les pentes du Tunupa, un volcan haut de 5321 mètres situés en bordure du Salar. De là, nous partons avec un petit vieux du coin, visiter une grotte où sont entreposées des momies depuis l’an 1200. Puis nous allons à pied jusqu’au mirador du volcan qui nous offre une vue splendide sur son cratère multicolore mais surtout une vue panoramique sur le Salar! 12000 Km² de sel, ça te calme.

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Mais que fait une mer de sel au milieu du désert ? Le Salar d’Uyuni est ce qui reste d’un immense lac qui, il y a 20000 ans recouvrait une bonne partie de la Bolivie et comprenait alors le lac Titicaca et la Paz. Le climat à change, l’eau a commencé à s’évaporer et petit à petit la concentration en sel a augmenté et il s’est déposé dans les zones les plus basses.

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Jour 2:

Quand les Andes ont décidé de t’en mettre plein la vue, elles ne font pas les choses à moitié. On quitte le Salar pour monter à environ 4500 m dans une des régions les plus hostiles de la planète. L’Atacama, le désert le plus sec du monde, battu par des vents glacials et parsemé d’une centaine de volcan. Et par endroits, il y a ces lagunes, d’une beauté incroyable où viennent se nourrir les flamants roses.

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Jour 3:

On passe par la zone géo-thermale de sol de Mañana, où l’on peut observer des geysers puis nous continuons notre route vers la frontière Chilienne pour déposer Alex, Goshka, Salomé et Clem. Ici plus rien ne pousse, la rudesse du climat et les récurrentes éruptions interdisent presque la présence de vies. On se dit au revoir à la laguna Verde au pied du volcan Lincancabur (5919 m) et on repart avec ce bon vieux Julien à Uyuni.

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Sucre, le cratère de Maragua et Potosi.

4 novembre 2013 at 22 h 55 min

Sucre et le cratère de Maragua.

Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, elle a connu la déclaration d’indépendance d’une province qui s’appelait à l’époque l’Alto Pérou. La ville est charmante, avec ses grands bâtiments blanchis à la chaux et son atmosphère tranquille. On débarque de la Paz toujours accompagnés de Julien, on se renseigne sur une randonnée qui se fait pas très loin de la ville, dans le cratère de Maragua, une étrange formation géologique.

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Après de nombreux échecs, nous trouvons enfin un moyen de transport pour nous rendre sur place. On marche toute l’après-midi jusqu’au moment où l’on se perd. Bien évidemment on se disait juste avant qu’il fallait être un naze pour prendre un guide par ici…Trouver le bon chemin, ce n’est pas gagné ! En gros, on voit où on doit aller mais entre nous et cet endroit il y a une forêt de piquants, des ravins, puis une falaise. On essaye à gauche : raté, on essaye à droite : encore raté, on essaye au milieu, ça pique à mort, puis en haut : trop risqué !! Bon, la nuit commence à tomber et on a oublié nos frontales, on se demande si ce n’est pas nous les gros nazes…En plus je fais une réaction allergique à une piqûre d’insecte et je me mets littéralement à fleurir de toute part (Yo). C’est au moment où je commence à prendre l’aspect d’un mur en crépi que l’on trouve enfin une sortie en suivant la rivière. On arrive  enfin dans le cratère de Maragua où nous passons la nuit.

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Le lendemain, je suis content, j’ai retrouvé une peau lisse. On part vers le village de Quila-Quila. Ici, un transport passe à 11h du matin, nous nous rendons vite compte que l’on va être juste pour l’attraper et c’est à ce moment-là que Valerio sort de nulle part. Il est allé rendre visite à sa mère et rentre lui aussi à Sucre. Il nous guide à travers des raccourcis incroyables et on arrive sur la piste avant l’heure.

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Le « transport » arrive, on s’était imaginé un bus, mais pas du tout, il s’agit d’un camion et d’une simple benne où sont entassés 70 personnes et leurs marchandises. On se retrouve dans des positions incroyables pour se tenir debout. C’est la guerre là-dedans, le moindre centimètre gagné sur son voisin est une victoire ! On pose rapidement la question fatidique concernant le temps du trajet, malheureusement on nous répond 4h et forcément à ce moment-là, le camion se retrouve avec une roue crevée… Une petite demi-heure pour changer la roue et nous re-voila entassés comme du bétail à l’arrière de ce camion. Les vieilles dames, on les comprend, sont assises sur le sol de la benne mais du coup la place est encore plus réduite. Un pied en équilibre coincé sous des tonnes de jupes et de provisions, le bras en l’air essayant de s’accrocher comme on peut, sans parler de la poussière…bref. Un trajet dont on se rappellera longtemps !

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Potosi et ses mines.

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Il y a des lieux où le poids de l’Histoire est lourd, très lourd. La ville de Potosi n’a pas été construite dans le but de détenir le record de la ville la plus haute du monde (4200 m). Mais pour exploiter les mines du Cero Rico, une montagne défigurée par des milliers de galeries. Quand ce filon d’argent fut découvert, les conquistadors envoyèrent des milliers d’esclaves Indiens extraire le précieux métal, puis ce fut des milliers d’esclaves Africains qui furent envoyés à leurs tours pour pallier la pénurie de main-d’œuvre car les conditions de travail, les difficultés, les accidents et la silicose provoquaient tant de morts. Durant la période coloniale on estime que 8 millions d’Indigènes et d’Africains périrent dans d’atroces conditions.

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Aujourd’hui, les gisements d’argent sont quasiment épuisés mais les mines sont toujours exploitées pour l’étain, le zinc et le plomb. Les exploitations appartiennent désormais à des coopératives de mineurs, les conditions de travail sont toujours archaïques et très difficiles. Pour améliorer un peu les conditions de vie et de travail certaines coopératives proposent des visites guidées à travers cet enfer. D’anciens mineurs se reconvertissent en guide et nous mènent à travers le dédale de galeries, bien sûr cette visite n’est pas exempte de voyeurisme mais les bénéfices sont reversés aux mineurs. Une fois habillés en parfait petit mineur nous suivons Ricardo dans les couloirs et galeries de la mine. Il faut presque ramper par endroits, l’air ambiant est saturé d’un mélange de gaz et de vapeur d’urine, nous allons jusqu’au troisième niveau, la température avoisine les 40 degrés! Mis à part quelques chariots mécanisés, tout le travail se fait à main d’homme. Quelle baffe! Quel enfer ! Surtout qu’à travers nos discussions avec notre guide nous apprenons que la plupart des hommes travaillent 8 à 12h sans pause et que beaucoup d’hommes meurent de la silicose avant leurs 40 ans. L’âge légal pour travailler dans les mines est de 18 ans mais Ricardo nous explique qu’avec l’autorisation du père de famille de jeunes garçons sont facilement embrigadés dans ce travail horrible. Car le salaire n’est pas mirobolant mais il est toujours un peu plus élevé que le salaire moyen.

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